Description
PRÉFACE à l’OUVRAGE
“Nous musulmans face aux lois de l’effacement” par François Bourget
“A l’heure et dans le paysage politique où paraît ce livre, fort peu d’indicateurs autorisent le moindre optimisme. Or, cet ouvrage en est un qui fait brillamment exception. Sa seule existence d’abord, sa qualité ensuite confirment avec éclat qu’après de trop longues décennies où sa voix avait été réduite au silence ou à une connivence forcée, des décennies au cours desquelles sa voix avait été confisquée ou pire encore falsifiée, le peuple des
#musulmans de France a décidé de prendre la parole et de ne plus laisser les vents mauvais de l’histoire contemporaine le pousser sur le bord de la route.
Cela ne veut, bien sûr, pas dire que les voix des non-musulmans ne sont pas plus que jamais requises. Mais ces voix-là risquent peu, hélas, de faire brutalement défaut si l’on convient qu’à ce jour… elles se font surtout remarquer, à quelques trop rares exceptions près, par leur infinie discrétion. Qui a réellement protesté contre la dissolution du #CCIF ? Qui a froncé ne fut-ce qu’un eil devant la dissolution des éditions #Nawa ? Devant le délire caractérisé des accusations unilatérales d’”apologie du terrorisme” ?
Depuis plusieurs années, la France qui se dit républicaine est en train d’écrire des pages aussi noires que celles qui sont sorties du long tunnel colonial ou des heures de la compromission vichyssoise avec le nazisme.
Une fois dépassé ce double caniveau, la vocation du “pays des Lumières” était pourtant évidente : il lui fallait, pour tourner résolument ces pages sectaires, prendre la mesure des limites du suprémacisme qui les avait sous-tendues. Il lui appartenait d’ériger, enfin, les citoyens issus de toutes les nations non-occidentales, trop longtemps soumis, au rang de partenaires capables de faire jeu égal dans le champ des droits, des devoirs et des talents. Or, jour après jour, la #France de Macron et de ses alliés est en train d’échouer spectaculairement devant ce défi.
S’il ne fallait prendre qu’un marqueur de cette dérive de la société et d’au moins 80 % de ses élites, ce sont les déclarations récentes et si parfaitement concordantes de l’ex-ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, faites dans deux circonstances publiques et solennelles par celui qui est aujourd’hui le chef d’une grande formation politique. “A bas le #voile” est sa déclaration la plus connue mais certainement pas la plus inquiétante ni la plus révélatrice de la profondeur du mal français. Le pire réside à l’évidence dans cette crainte, exprimée par l’un des principaux candidats aux prochaines élections présidentielles, que les jeunes de nos banlieues “régressent vers leurs origines ethniques”. “Une sorte de régression vers les origines ethniques”, pour être précis, qui couperait, selon le ministre français des Cultes, les jeunes issus de l’immigration des valeurs de la République. A-t-on bien pris la mesure d’une telle formule? En se dirigeant vers les “origines ethniques” de certains Français, que rencontre-t-on ? l’incompatibilité structurelle et héritée avec toute forme d’universalisme. Voilà bien une sorte de camouflet qui frappe non pas seulement les musulmans de France mais la totalité des peuples non-européens de la planète entière.
Longtemps, la France a eu la prétention d’aider les peuples du Sud à sortir de l’autoritarisme pour “évoluer vers la démocratie”. Depuis le 7 octobre 2023, une réalité latente de longue date s’explicite irrésistiblement: c’est la France qui a besoin de ses fils du Sud et, parmi eux, de tous les musulmans de France, pour ne pas sombrer dans le caniveau de l’autoritarisme.”







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